Voyage au centre de la terre


Et si nous partions à la découverte d’un métier un peu particulier….Celui de mineur de fond.

Un métier dur, pénible et dangereux au possible….Inondations au fond de la mine, coups de grisou et autres incendies étaient monnaie courante….

Principaux bassins miniers

  • Borinage ( région autour de Mons )
  • Pays Noir ( Charleroi et sa région )
  • Centre ( La Louvière et sa région )
  • Pays de Liège ( mais dans une moindre mesure )
  • Limbourg ( Beringen, Genk, Winterslag )

Les catastrophes minières qui ont marqué les mémoires chez nous :

  • Le Fief de Lambrechies ( Borinage ) en 1934. Coup de grisou….et quelques morts restés au fond.  Suite à l’incendie, on n’eut pas d’autre choix que de noyer la fosse….L’exploitation ne fut jamais reprise.
  • Le Bois du Cazier en août 1956. Un wagonnet mal engagé déclenche un court circuit, puis une fuite de liquide hydraulique provoquent un terrible incendie….Il n’y eu que quelques survivants….Pendant des semaines des équipes de sauveteurs se relayèrent pour tenter de sauver des hommes….Malheureusement, à la remontée de la dernière équipe de sauveteurs ce fut “tutti cadaveri” qui retentit sur le carreau du charbonnage….Tous morts……L’exploitation reprit, mais fut définitivement arrêtée en 1967.

Le Bois du Cazier est devenu lieu de mémoire et a été reconnu patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 2011.

Le dernier charbonnage du Pays noir, le Roton de Farciennes  a définitivement fermé ses portes en 1981.

Dans le Pays de Liège, le dernier charbonnage à fermer ses portes est celui du “Trimbleû” de Blégny en 1980. Le “Trimbleû” est devenu un lieu touristique et a été reconnu par l’UNESCO.

Dans la Province de Limbourg, les mines ont fermé leurs portes fin des années ‘80, début des années ‘90.

Et si on allait au Trimbleû…..Vous en faites pas, ça mord pas ……Les installations ont été laissé en l’état. et attirent chaque année des milliers de visiteurs.

La visite est guidée…..et devinez qui nous sert de guide….D’anciens mineurs….eh oui…..des gens qui connaissent leur métier. Grâce à eux, nous en savons un peu plus sur ce métier un peu oublié, pénible et dangereux.

On y va, suivez-moi ….

 

 

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Comme vous pouvez le constater tout est resté en l’état…..

 

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Et hop …au centre d’accueil où une statue de mineur nous souhaite la bienvenue.

 

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Et on va au vestiaire…Ben oui, quand on descend « à l’fosse”, il faut s’habiller avec la blouse de rigeur et casque obligatoire, s’il vous plaît.

 

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Rassurez-vous nos amis ont toutes les tailles à leur disposition.

 

Direction le carreau du charbonnage……avec Jacques, un ancien de la maison… devant le dernier wagonnet qu’ils ont remonté au jour…..Et une sacrée “gaillette” en plus….on y voit encore le pic enfoncé dedans

 

 

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Jacques porte encore son bleu, son casque et sa lampe….

Et hop vers la cage…..la “gayole” pour descendre à 30 mètres….sous terre…attention cœurs sensibles s’abstenir…..

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Le châssis à molettes encore en parfait état de marche……

 

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Et très moderne….Bétonné et tout et tout….

 

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Prêts pour la descente à –30 mètres……pas le temps de dire ouf…..

Attention, il fait noir au fond de la mine……..et très humide….

 

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Ils ont même laissé le brancard….pour transporter le mineur blessé….

 

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Les galeries ont conservé les outils de travail et les étançons…..

 

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On a même laissé un wagonnet plein de gaillettes…..et quelles gaillettes….

 

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Ils ont également laissé une foreuse en parfait état de marche et qui vous donne une très bonne idée de l’atmosphère très bruyante qui régnait au fond. Les mineurs devenaient sourds.

Nous remontons vers la salle de tri….Car une fois le charbon remonté, il fallait le trier. Le plus souvent, c’était des femmes et des enfants qui le faisaient. Mais bien souvent, au début du 20ème siècle, femmes et enfants descendaient au fond  et y travaillaient dans des conditions épouvantables.

 

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Le tout sous la protection de Sainte-Barbe, leur patronne….L’électricité fonctionne, donc tout va bien en bas….Mais si par malheur, les lampes venaient à s’éteindre, c’est que le grisou n’était pas loin.

 

 

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Remarquez comme est encore très bien conservé…..Les rails permettant de guider les wagonnets remplis de charbon et de cailloux vers le tapis roulant où il était séparé de la pierraille et calibré pour être mis en sacs prêts à être livrés aux clients.

 

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Oups ! on a oublié quelques ouvriers……

 

Maintenant, nous allons nous rendre au Puits Marie où un musée a été crée dans cet ancien charbonnage.

Dans ce petit musée, tout explique les conditions de travail des mineurs et les différents aspects de leur métier si dur et si dangereux. Germinal n’est pas loin.

 

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L’entrée du puits Marie avec sa belle-fleur visible…..Quand je vous disais que Germinal n’est pas loin…

Entrons, et voyons un peu comment vivaient nos gueules noires à l’époque….

Des points du règlement de travail sont rappelles à l’entrée de la cage. En français et en néerlandais, s’il vous plaît.

 

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Le cuffat, ou cage de secours….Une sorte de gros tonneau en acier qui permettait de descendre 2 mineurs et leur équipement

 

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Le machiniste…..celui qui dirige la manœuvre de la cage.

 

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Et les différents signaux….datés de 1927…..Les choses commencent à bouger….On commence à réfléchir à la sécurité du mineur.

 

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Photo d’un groupe de mineurs au début du 20ème siècle…..ils posent en vêtement de travail et avec leur lampe

Remarquez que même des femmes et de très jeunes enfants travaillaient avec les hommes au fond. Chose qui a de quoi choquer aujourd’hui mais qui à l’époque était tout à fait normale….Les gosses travaillaient aussi dur que les adultes, étaient pour le patron une main d’œuvre très bon marché, donc tout bénéfice pour lui. L’école, pour ces gamins, n’en parlons pas, puisqu’à l’époque, l’instruction n’était pas obligatoire. Elle le deviendra après la première guerre mondiale, où les enfants seront obligés d’aller en classe jusqu’à l’âge de 14 ans. 

 

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Un galibot ( un apprenti ) descendait au fond à l’âge de 14 ans. Il est en bleu de travail et porte sa lampe et son pic. Vous ne trouvez pas que ce gamin fait vieux pour son âge….On en donnerait facilement le double. Il s’appelait Willy Desmit…..

 

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Une hiercheuse….Une femme, bien jeune encore chargée de pousser les wagonnets jusqu’au terril ou jusque que dans la salle de tri. Mais avant 1914, les femmes et les jeunes filles travaillaient aussi au fond et pour un salaire bien moindre que celui des hommes.

 

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Et ils devaient être en possession du livret d’ouvrier. Donc, plus facile à surveiller. Dans ce carnet, étaient notamment inscrits les différents états de services et les références de l’ouvrier. S’il souhaitait se faire embaucher, il devait remettre son carnet au patron….s’il avait de bonnes notes, il avait de grandes chances d’être engagé….mais heureusement ce système humiliant pour l’ouvrier mais gratifiant pour le patron a disparu….

 

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Il était également interdit de fumer au fond. Et pour cause. Le grisou.

Je pense que cette affiche doit dater de la seconde moitié du 20ème siècle. Elle est rédigée en français, en néerlandais et en italien.

 

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Les vestiaires et les douches. On l’appelait la salle des pendus.

Au mur les différents habits du mineur. Chaussure, calotte ou casque, blouse ou sarreau, chaussettes, pantalon et caleçon.

 

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Les armoires où les mineurs rangeaient leurs affaires personnelles. Et les consignes de sécurité rédigées en 3 langues, dont à nouveau l’italien.

Concernant cette fois les tenues de travail. Le texte français dit “un vêtement flottant peut causer votre perte”. Ce qui veut dire que pour des raisons de sécurité, les vêtements de travail devaient être parfaitement ajustés. Il y allait de la vie du mineur.

 

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Le matériel de secours.

 

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Et les différents codes de communication en cas de problème.

 

Et s’il y a des blessés, on les conduit à l’infirmerie….

 

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Le blessé est couché sur un brancard un peu particulier. Il fallait d’abord doucher le blessé avant de lui prodiguer les premiers soins.

 

Et les lampes ?

Au début du siècle dernier, la lampe est le meilleur allié du mineur.

Elle permettait de détecter le grisou. Suffisait de voir comment se comportait la flamme.

Si elle s’éteignait, il y a avait danger….Sauver sa peau si on le pouvait.

 

 

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Lorsque le mineur allait chercher sa lampe à la lampisterie, on lui remettait une médaille avec un n°gravé dessus. La journée terminée, le mineur remettait sa lampe et la médaille.  Comme ça en cas de problème on pouvait sans problème retrouver le mineur grâce à ce système. Simple et efficace.

A propos fanchette1569

révoltée permanente contre les injustices....J'emmerde les gendarmes et la maréchaussée.... fille de sous-officier et fière de l'être Hey, don't be afraid, I'm not a bitch
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